Une pièce sur l’inquisition? Une sorcière? Un brin désuet pourrait-on penser. Et puis, au fur et à mesure de la lecture, on découvre que cet environnement joue un rôle, lui aussi, et plus important qu’on ne croit. Ce cadre sans espérance apparente, improbable, autorise tous les débordements de la pensée car rien de ce qui y est dit ne verra jamais le jour. La torture comme le désir vivent et meurent là.
Se confrontent deux personnalités sans concessions que leur détermination, malgré les mises à nu, conduira à l’inéluctable. Fuir son destin, faire mentir les lois intimes qui régissent qui nous sommes, est-ce imaginable? Par quel étrange mécanisme de l’âme se retrouve-t-on pris au piège même auquel on tentait d’échapper?
Ce vieil homme, pétri de convictions, accomplira sa mission envers et contre Dieu. Cette jeune femme, nourrie de liberté, mourra d’avoir accompli sa mission: usurper la place de Dieu.
Duel d’amour et duo guerrier.
Telles sont quelques unes des voies mystérieuses de cette rencontre-combat entre des intelligences extrêmes dont le seul arbitre est la mort. La sorcière s’enflamme sur le bûcher et sera martyre. L’Inquisiteur s’éteint, brulé au dernier degré par le désordre de ses passions contradictoires.
